Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Sound creation

Folies (post)coloniales. Quatre enquêtes historiques sur des parcours psychiatriques –
Séance d’écoute en public & plateau de restitution
Enregistré le samedi 29 novembre 11h // Diffusé le vendredi 4 décembre 2025 sur Radio Grenouille !

(Un grand merci à Romane Pareja pour les photos et à Agathe Monnier pour les dessins – tous droits réservés)



Émission en public autour de la série radiophonique Folies (post)coloniales.
Les chercheurs et chercheuses de l’équipe MaDAf et la réalisatrice Chloé Despax sont réuni.e.s au Petit Cab’ de la Friche Belle de mai à Marseille pour présenter ce travail mêlant recherches historiques autour de la psychiatrie en régime colonial et création sonore. 


[Pour écouter l’émission]

Prochaines diffusions :
JetFM – Émission Recherches : rediffusion de l’émission Cabine d’écoute de Marseille, le dimanche 8 février à 10h
https://www.jetfm.fr/recherches/

Radio Vostok – Émission Quartier libre : diffusion des épisodes 2, 3 et 4 le lundi 9 février à 20h
https://radiovostok.ch/category/programme/quartier-libre/

Un canon sur le zinc – Émission UCSLZ #77 : diffusion de l’épisode 2
https://uncanonsurlezinc.fr/index.php/2026/02/04/emission-ucslz-77/

FOLIES (POST)COLONIALES 

Quatre enquêtes sur des parcours psychiatriques

Un projet mené par l’équipe MaDaf avec Romain Tiquet, Gina Aïtmehdi, Camille Evrard, Raphaël Gallien, Paul Marquis.

Autrice
Gina Aïtmehdi

Réalisation, prise de son et montage
Chloé Despax 

Mixage
Jean-Baptiste Imbert

Comédien.nes
Ahmadou Bamba Ndiaye dit B-free
Mamadou Diol
Bousso Wade
Jean-Claude Dumas
Mohamed Ali Ivesse
Babalanfia Souaré
Laurie Bellanca
Laurie Hebert
Marilou Flayac 

Diffusions passées :
RTS Première – Le labo : épisodes 1, 3 et 4 le dimanche 30 novembre 2025 à 20h
https://www.rts.ch/audio-podcast/2020/emission/le-labo-25001424.html

Radio Dragon – Mezzés radio (mercredi 10h30 samedi 16h30) : épisode 1 les 19 et 22 novembre ; épisode 2 les 26 et 29 novembre ; épisode 3 les 3 et 6 décembre ; épisode 4 les 10 et 13 décembre
https://radiodragon.org/

Radio Grenouille – émission en public programmée dans le festival JEST le samedi 29 novembre 2025 à 11h au Petit Cab/Friche La Belle de Mai ; diffusion de l’émission et des épisodes semaine du 8 décembre 2025
https://www.lejest.fr/artistes/brunch-sonore-avec-jest-x-radio-grenouille—folies-post-coloniales
https://www.radiogrenouille.com/tous-les-programmes/folies-postcoloniales/


48FM – La porte ouverte à toutes les fenêtres : un épisode chaque dimanche à partir de 13h en novembre 2025
https://48fm.com/emission-porteouverte/

Radio Panik – L’heure de pointe : un épisode chaque mardi à 12h les 21, 28 octobre et 4, 11 novembre 2025
https://www.radiopanik.org/emissions/l-heure-de-pointe/folies-postcoloniales-quatre-enquetes-historiques-sur-des-parcours-psychiatriques-2/

Radio Air Libre – FACR & Cie : les 4 épisodes à la suite le Lundi 3 novembre 2025 à 16h
https://radioairlibre.net/emissions/facr-cie/folies-postcoloniales-madaf-radio-grenouille/

Radio Campus Bruxelles – Créations radiophoniques : un épisode chaque lundi à 14h30 les 20, 27 octobre et 3, 10 novembre 2025
https://www.radiocampus.be/emissions/creations-radiophoniques/

Radio Octopus – Radio créative : épisodes 1 et 2 le Mardi 7 octobre 2025 à 21h ; épisodes 3 et 4 le Mardi 14 octobre à 21h
https://radio-octopus.org/emissions/radio-creative-1

Collaborateurs et intervenants
Professeure Aïda Sylla, Cheffe du service de psychiatrie et de psychologie médicale du Centre Hospitalier National Universitaire de Fann à Dakar
Fabien Gimet, responsable du département exploitation au Service des archives médicales hospitalières des armées, à Limoges
Elodie Charié, historienne, doctorante au CHSP, Sciences Po Paris

Coordination scientifique et artistique
Gina Aïtmehdi

Production
ERC-Madaf et Radio Grenouille / Studio Euphonia

Remerciements
M’mah Gbé-Aly Yattara
Cécile Van den Avenne
Izabela Zak
Xavier Tabbagh
Pia Sanchez et Jérôme Flayac
Jean-Baptiste Imbert, pour le prêt du plumier
Alexandre pour le prêt de la machine à écrire
Dakar : Clémence Delbart, l’ensemble du personnel de la clinique psychiatrique Moussa Diop de Dakar.


  • Dissection coloniale. Sur les traces d’un instituteur malgache interné en 1928, par Raphaël Gallien – 15’18

En 1928, un instituteur malgache est interné en psychiatrie. Les raisons ? La fragmentation d’une parole qui se réclame du savoir et de l’autorité des Français.

Madagascar, 1928. Dans le seul asile d’aliénés du pays, un instituteur malgache se retrouve interné après avoir créé le scandale dans l’école primaire où il enseigne. Un matin de juin, une crise d’autoritarisme le conduit à demander aux élèves et aux autres instituteurs de reconnaître sa supériorité en s’agenouillant à ses pieds. Une fois interné, il rédige quotidiennement des « dissertations » dans l’espoir de témoigner de sa bonne foi et de l’étendue de son savoir. Dans ses écrits, le corps humain, son sujet de prédilection est littéralement disséqué par la description minutieuse de son fonctionnement. Une dissection qui est aussi celle des lignes de tension de la société malgache en ce début de XXème siècle. Un organe retient particulièrement son attention : le cœur. L’arythmie de sa prose se fait alors l’analogie des rythmes d’une situation coloniale devenue insoutenable.

  • À éliminer définitivement de l’armée. Indochine 1953, par Camille Evrard – 21’29 

Un tirailleur guinéen réformé pour troubles mentaux en Indochine. Folie, langage, guerre et domination coloniale s’entremêlent dans cet instantané de la vie d’un invisible de l’histoire.

Guerre d’Indochine, début 1953. Le tirailleur guinéen Moussa L. est soldat à la garde de l’Air, sur la base aérienne française de Tourane, depuis six mois. Une série de violentes disputes avec sa hiérarchie intermédiaire décide son commandant d’unité à l’hospitaliser, en urgence et contraint. Malgré le courrier baroque qu’il écrit au médecin-chef pour lui prouver qu’il est en bonne santé et qu’il souhaite rester militaire, malgré sa détermination à plaider l’insulte raciale et l’injustice, les psychiatres décident son rapatriement sanitaire et sa réforme définitive pour troubles mentaux.  À travers son étroit dossier, on découvre le service méconnu des archives hospitalières de l’armée, siège d’une enquête sur la trajectoire heurtée d’un soldat invisible de la France coloniale, aux prises avec l’impossibilité du dialogue.

  • Un taxi pour Berrouaghia – Algérie, été 1962, par Paul Marquis – 15’59 

Comment le passé d’une jeune femme prise dans les derniers soubresauts de la guerre d’indépendance algérienne devient-il son passif psychiatrique ?

Algérie, juillet 1962. Alors que le pays célèbre son indépendance, Aline D. est internée à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville après plusieurs tentatives de suicide. Dans son dossier médical, la psychiatre Suzanne Missirlitch retrace l’histoire de la jeune femme et de sa maladie à partir de l’entretien mené avec elle lors de son admission. Au fil d’un texte dactylographié mêlant différents registres de discours, la vie de la patiente se dévoile par fragments. En s’interrogeant sur la constitution de ce dossier, « un taxi pour Berrouaghia » dévoile l’influence des stéréotypes moraux sur la psychiatrie coloniale.

  • “Il est inutile d’évoquer mon passé”. Écrits quotidiens d’Alioune N. (Dakar, Sénégal, 1959-1961), par Romain Tiquet – 19’58

Qui était Alioune N, jeune patient de la clinique de Fann, témoin intime du Sénégal à l’aube de son indépendance ? 

Sénégal, 1956. À la veille de l’indépendance du Sénégal, la clinique psychiatrique de Fann ouvre ses portes à Dakar. Des centaines de patient.es sont hospitalisé.es dans la première structure psychiatrique du pays. Cette création sonore propose de suivre deux itinéraires : celui d’Alioune N, hospitalisé à Fann à 6 reprises entre 1958 et 1962 ; celui d’un historien à la recherche des dossiers médicaux de cette clinique. Ce voyage sonore nous plonge dans le Sénégal du tournant des années 1960 et plus particulièrement dans la vie intime de ce jeune homme âgé d’une vingtaine d’années. Au travers de nombreux écrits bruts consignés dans son épais dossier (lettres, poèmes, etc.), Alioune témoigne de son enfance, de sa maladie, et plus largement du contexte politique dans lequel il évolue, en pleine décolonisation du Sénégal.